Le cadre logique est souvent la première page qu'un évaluateur de bailleur regarde vraiment. En quelques minutes, il juge si le projet est pensé ou simplement décrit. Voici les sept erreurs que nous rencontrons le plus souvent en relisant les propositions d'ONG de santé, avec la façon de les corriger.
1. Confondre activités et résultats
« Former 120 relais communautaires » est une activité, pas un résultat. Le résultat est le changement que la formation doit produire.
| À éviter | À préférer |
|---|---|
| 120 relais formés en PCIME communautaire | Les enfants de moins de 5 ans fébriles des aires de santé ciblées sont pris en charge selon le protocole dans les 24 heures |
Test simple : si le libellé commence par un verbe d'action de l'équipe (former, distribuer, organiser), c'est probablement une activité.
2. Un objectif général hors de portée
« Réduire la mortalité maternelle en RDC » ne peut pas être attribué à un projet de 18 mois dans deux zones de santé. L'objectif général doit être une contribution plausible, et l'objectif spécifique un changement que le projet peut réellement obtenir et mesurer dans sa durée.
3. Des indicateurs sans valeur de référence ni cible
Un indicateur sans valeur de départ ne permet pas de mesurer un progrès. Si la valeur de référence n'existe pas encore, dites-le et prévoyez de la mesurer dans les trois premiers mois (étude de base ou extraction des données du DHIS2), avec une cible ajustée ensuite.
4. Des indicateurs impossibles à collecter
Chaque indicateur doit avoir une source de vérification réaliste. « Taux de satisfaction des bénéficiaires » suppose une enquête : est-elle budgétisée ? Qui la conduit ? À quelle fréquence ? Préférez quelques indicateurs bien mesurés à une longue liste impossible à renseigner.
5. Des pourcentages sans numérateur ni dénominateur
« 80 % des femmes enceintes » : 80 % de qui ? Toutes les femmes enceintes de la zone, ou celles vues en consultation prénatale ? Définissez le numérateur et le dénominateur dans une fiche de référence de l'indicateur. C'est aussi ce qui évite les disputes au moment de l'évaluation finale.
6. Des hypothèses absentes ou décoratives
« La situation sécuritaire reste stable » est utile si vous expliquez ce que vous ferez si elle se dégrade. Les bonnes hypothèses portent sur ce qui est hors de votre contrôle mais conditionne le passage d'un niveau au suivant : disponibilité des intrants, présence du personnel, adhésion des autorités sanitaires.
7. Un cadre logique déconnecté du budget et du plan MEAL
Chaque activité du cadre logique doit avoir une ligne budgétaire, et chaque indicateur doit apparaître dans le plan MEAL avec sa fréquence de collecte et son responsable. Un évaluateur qui ne retrouve pas ces liens conclut que le projet n'a pas été pensé comme un tout.
Liste de contrôle express avant soumission :
- Chaque résultat décrit un changement, pas une activité.
- Chaque indicateur a une définition, une valeur de référence, une cible et une source.
- Chaque hypothèse est plausible et suivie.
- Le cadre logique, le budget et le plan MEAL racontent la même histoire.
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Axiom Santé relit les cadres logiques et plans MEAL des ONG et des programmes de santé. Envoyez-nous votre document : nous vous renvoyons des commentaires précis et des propositions de reformulation.
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